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Fret passant par le Ghana : des logisticiens burkinabè dénoncent un «monopole illégal»

Fret passant par le Ghana
Des logisticiens burkinabè exerçant au Ghana ont, au cours d’une conférence de presse, animée le mardi 7 février 2017 à Ouagadougou, dénoncé un «monopole illégal» du fret passant par le corridor ghanéen. Selon eux, ce monopole déloyal est exercé par le Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) et l’Organisation des transports routiers du Burkina Faso (OTRAF).

Des acteurs burkinabè de la logistique exerçant au Ghana ne sont contents de l’Organisation des transports routiers du Burkina Faso (OTRAF) et du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC). Ils l’ont fait savoir au cours d’une conférence de presse qu’ils ont animée, mardi 7 février 2017 à Ouagadougou. La rencontre a essentiellement porté sur le climat des affaires dans ce secteur.

«L’OTRAF et le CBC qui sont deux structures qui devaient accompagner le secteur privé se retrouvent en train d’empêcher le secteur privé d’évoluer», a dénoncé le président de l’Association des Burkinabè vivant au Ghana Romuald Sawadogo, lors la conférence de presse.

A entendre M. Sawadogo, ces deux structures que sont l’OTRAF et le CBC, imposent aux importateurs des véhicules pour l’enlèvement des marchandises à destination de Ouagadougou. Et d’argumenter que cela freine du coup, les activités des Burkinabè vivant au Ghana et exerçant dans la logistique. «Je me suis vu retirer des marchés au profit d’autres personnes, par ces structures prétextant des raisons de bon de chargement», a expliqué Romuald Sawadogo. Selon lui, ce dysfonctionnement engendre des «conséquences énormes pour le consommateur burkinabè et une perte énorme pour l’économie nationale».

Il ressort que les deux structures ont mis en place un système consistant, à une certaine étape de la procédure, à faire retirer le fret qu’une société doit évacuer sur le Burkina et le «déposer sur la table de l’OTRAF qui dispose à sa guise de la marchandise».

Pour sa part, Bonaventure Kéré, du Syndicat des transporteurs routiers et voyageurs, a relevé qu’un syndicat comme l’OTRAF qui fait du fret, ce n’est ni plus ni moins qu’un détournement car ils n’ont pas ce droit. Il estime que «le CBC est normalement un organisme chargé de gérer le fret au Burkina tandis qu’un syndicat est là pour aider ses membres, faciliter leur travail, notamment lorsqu’il y a des difficultés sur le trajet».

A ce propos, Romuald Sawadogo trouve que cette procédure qui a engendré de facto un «monopole» n’est pas de nature à faciliter l’acheminement des marchandises à Ouagadougou et entraine le blocage des marchandises au port. Il a confié que depuis la mise en œuvre de ces procédures en 2014, des démarches ont été vainement entreprises auprès des autorités pour se faire entendre.

Le Burkina Faso est alimenté à partir des corridors ghanéens tels que celui de Téma et de Takoradi avec lesquels l’Organisation des transports routiers du Burkina Faso (OTRAF) entretient des liens.

Alfred KANON
ecodufaso.com / ecodafrik.com

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